Écrits d’Edouard Languin

Extrait du journal d’Edouard Languin

Voilà un bien étrange exercice que l’on me demande de faire. Les académiciens de la capitale, sans doute trop occupés pour traverser quelques rues et frapper à ma porte, m’ont contacté par courrier.

Leur lettre est étonnamment longue, étant donné la demande extrêmement simple qui en est l’objet. Le papier est en grande majorité couvert par les habituels compliments officiels, les commentaires mielleux et les baumes rhétoriques destinés à saluer mes contributions cartographiques pour le compte du royaume, mon travail d’historien, mon « courage de voyageur », mes talents de synthèse… toutes ces sottises pour me rappeler combien ils sont incapables de se débrouiller seuls lorsqu’il s’agit d’aborder les territoires au-delà des frontières d’Indaria.

Seules quelques lignes sont consacrées à leur requête. Contre rémunération – comme si cela avait une quelconque importance pour moi – je dois rédiger des résumés présentant de manière générale les pays connus. Quelle ânerie ! C’est pour « le bien des étudiants », écrivent-ils, afin de leur apporter « une vision globale ». Comme s’il était possible de synthétiser des connaissances sur une nation sans en apporter une vision faussée !

Mais soit, j’accepte de le faire. Je persiste à croire que ce format n’est pas adapté au contenu demandé, mais peut-être cela poussera-t-il les étudiants à combler les lacunes de ces textes en consultant des ouvrages bien plus complets et documentés.

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