ambiance

Bleu nuit

La nuit coule et se languit. Bleue, la nuit lente et lisse. Elle ondule et glisse.

Une lueur qui tremble et qui jaillit, par-delà les ondes tranquilles. Une lueur qui naît. Une lueur qui commence à mourir. Déjà triste, déjà sourde, déjà blanche, la lueur. Et la poussière troublée qui souffle dans l’eau.

Elle s’étire, la lumière, elle se tord et se plie. Des doigts translucides qui ne s’achèvent pas, qui se tirent, qui se poussent, qui jamais ne repoussent. La nuit les recouvre de son voile, de son linceul, de son suaire et soupire.

Elle ondule et glisse. Bleue, la nuit lente et lisse. La nuit coule et se languit.

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La Terreur

La lueur tremblée dans ces yeux humides. La force irrésistible qui hérisse cette forêt crépusculaire. Ce vrombissement pesant dans les oreilles. Le souffle, teinté de mille saveurs acres. Les joues se vident, la vie déserte, mais soudain, une chaleur ocre qui monte dans la nuque. Les mains agrippent la gorge déjà nouée, tandis que les ongles crissent contre la peau qui se déchire en tristes lambeaux.

L’haleine se glace, l’espoir se casse ; la moiteur muqueuse et la sueur râpeuse. Elle se glisse dans les entrailles. Les lèvres gonflent. Les lèvres souffrent. Les lèvres s’ouvrent. Elle rampe sous l’échine. Un écho dans l’air, une bouteille à la mer, un frisson dans l’espace. Un silence dans la poitrine. La terreur.

Chaleur humaine

8h13. Quand il fait froid, ils sont froids. Quand il fait doux, ils sont doux.

Il est habituel de se sentir oppressé par le silence humain pendant les transports, les seuls sons se manifestant étant les bruits mécaniques du véhicule.

Ce matin, beaucoup de personnes discutent calmement dans le train. Bruits humains, paroles indistinctes mais réelles. L’ambiance est chaleureuse. Cela me détend… et me surprend.