cauchemars

La Terreur

La lueur tremblée dans ces yeux humides. La force irrésistible qui hérisse cette forêt crépusculaire. Ce vrombissement pesant dans les oreilles. Le souffle, teinté de mille saveurs acres. Les joues se vident, la vie déserte, mais soudain, une chaleur ocre qui monte dans la nuque. Les mains agrippent la gorge déjà nouée, tandis que les ongles crissent contre la peau qui se déchire en tristes lambeaux.

L’haleine se glace, l’espoir se casse ; la moiteur muqueuse et la sueur râpeuse. Elle se glisse dans les entrailles. Les lèvres gonflent. Les lèvres souffrent. Les lèvres s’ouvrent. Elle rampe sous l’échine. Un écho dans l’air, une bouteille à la mer, un frisson dans l’espace. Un silence dans la poitrine. La terreur.

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Je suis une otarie droguée

Cette nuit, je suis une otarie droguée. J’ai vu avec horreur mille et une façons de contempler la mort de mes petits, au cours d’une série d’atroces cauchemars successifs. Je me réveillais en me lamentant à la façon des lions de mer, suppliant je ne sais quelle force de m’empêcher de me rendormir. Mais les effets assommants des stupéfiants dont j’avais abusé étaient plus forts : je sombrais à nouveau inévitablement, revivant chaque fois la même terreur, la même angoisse, à des nuances différentes. Dévorés par des hyènes sur la banquise, chutant dans un précipice sans fond, ou enlevés par des humains pour être écorchés vifs, je devais à chaque fois supporter le désespoir perçant les yeux de mes enfants et mon impuissance face à l’horreur.