épuisement

Le Dentifrice

Épuisé. Comme ce reste de dentifrice qui vous dure trois mois. Il ne reste rien. Presque rien. Mais en pressant avec suffisamment de douleur, il est peut-être possible de recueillir un résidu. Une miette. Une poussière. Sinon, il est toujours possible de passer à l’autopsie.

Prenez votre tube, saisissez-vous d’un scalpel et tranchez. Écartez la peau et découvrez les entrailles. Elles devraient être vides et desséchées, mais en raclant bien, on trouve toujours quelque chose. Allez-y. Vous récupérez du dentifrice qui ne ressemble plus tout à fait à du dentifrice. Moins pâteux, encore plus informe.

Vous noterez un goût particulier. Votre langue connaît cette saveur, votre palais le reconnaît bien. Mais vous, vous savez que ce n’est pas le vrai goût. C’est le souvenir du goût. Des cendres aux couleurs d’une bûche. Un crépuscule qui feint l’aurore. Un deuil avorté.

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